Benoit Dumon, organiste, contre-ténor, directeur artistique de :

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Programme construit autour du célèbre choral de l’avent, de JS Bach et deux de ces plus  brillants prédécesseurs : 

L’organiste Dietrich Buxtehude (vers 1637-1707) est sans conteste une des figures les plus marquantes de la musique allemande de la deuxième moitié du XVII°S. Il est le fils de Johannes Buxtehude, lui-même organiste. Il est probable qu’il ait reçu l’enseignement de son père, mais sa formation demeure assez floue. Lübeck est la ville qui verra l’art de Buxtehude s’épanouir à son plus haut niveau, sa réputation dépassera les frontières de son pays. Il est titulaire de l’orgue de Sainte-Marie, l'église la plus importante de la ville, mais il associe à cette activité l’entretien des orgues de la cité, la direction d'un ensemble musical et une responsabilité sur une école voisine où un cantor dirige un ensemble vocal. Buxtehude reprend également les veillées musicales ou « Abendmusiken » initiées par son prédécesseur Franz Tunder, des concerts spirituels proches de l'oratorio, et leur donne une dimension nouvelle. Il sera également le professeur de toute une génération de grands musiciens allemands ; parmi les plus brillants : Bruhns et Bach. Il compose énormément : 115 œuvres spirituelles nous sont parvenues ainsi qu’un des plus grands catalogues de musique pour orgue de son époque. Sa musique pour orgue se distingue par une grande liberté de ton dans ses préludes inspirés par le « stylus phantasticus », une grande virtuosité (en particulier au pédalier), et un sens du raffinement exceptionnel dans ses chorals ornés.

Nicolaus Bruhns (1665-1697), lui aussi fils d’organiste, est né dans une famille de musiciens : il apprend l’orgue avec son père, la viole et le violon avec son oncle, mais il sera aussi l’élève de Tunder et de Buxtehude. Ce dernier lui enseigne l’orgue et la composition et exerce sur lui une grande influence. Avec réciprocité Buxtehude admire son élève et désire le voir lui succéder dans son poste de Lübeck, malheureusement Bruhns meurt trop jeune à 31 ans. Une grande partie de son œuvre ne nous est pas parvenue, mais les 12 cantates et les 6 pièces d’orgue que nous connaissons sont d’une qualité exceptionnelle. Sous de nombreux aspects son œuvre annonce celle de Johann Sebastian Bach, lui-même un grand admirateur de Bruhns.  Grand virtuose et disposant d’un sens aigu du contrepoint, une anecdote rapporte qu'il aurait été capable de jouer du violon tout en chantant et en s'accompagnant au pédalier de l'orgue.

Johann Sebastian Bach (1685-1750) est le membre le plus célèbre d’une grande famille de musiciens. Il acquiert très tôt une réputation de virtuose du violon, de l’alto, mais surtout du clavecin et de l'orgue. Sur ces deux derniers instruments, ses dons exceptionnels faisaient l'admiration et l'étonnement de tous ses auditeurs ; il pouvait tout jouer à première vue, et improviser sur le champ une fugue à trois voix. Il était très sollicité pour son  expertise en facture d’orgue. Il était aussi un autodidacte passionné de son art, étudiant sans relâche les œuvres de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Développant sa science de la composition et particulièrement du contrepoint à un niveau inconnu avant lui, il laisse une œuvre considérable dont le plus grand catalogue de pièces d’orgue de l’histoire de cet instrument. Il est un fervent admirateur de Bruhns mais aussi de Buxtehude qu’il ira écouter et rencontrer à Lübeck lors de ces « Abendmusiken », au prix d’une longue marche à travers son pays. Bach s’inscrit dans une esthétique faisant plus référence à ses prédécesseurs qu’au XVIII°S, au point que les générations qui le suivront l’oublieront complètement, considérant son œuvre comme démodée, n’aillant pas pris le virage du classicisme.

Programme :

Prélude en sol mineur BuxWV 149, Dietrich Buxtehude
Choral orné “Nun komm, der Heiden Heiland” BuxWV 211, Dietrich Buxtehude
Fantaisie sur le choral “Nun komm, der Heiden Heiland”, Nicolaus Bruhns
Prélude en mi mineur, Nicolaus Bruhns
"Kommst du nun, Jesu, vom Himmel herunter auf Erden", Johann Sebastian Bach
Toccata, adagio et fugue BWV 564, Johann Sebastian Bach
Choral orné “Nun komm, der Heiden Heiland” BWV 659, Johann Sebastian Bach
Choral “Nun komm, der Heiden Heiland” BWV 599, Johann Sebastian Bach
Choral orné “Puer natus in Bethlehem” BuxWV 217, Dietrich Buxtehude

Nun komm, der Heiden Heiland

Benoit Dumon, orgue


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