Benoit Dumon, organiste, contre-ténor, directeur artistique de :

À Paris, au XVIIe siècle, pendant la période du Carême, les fidèles se pressaient dans les églises pour écouter les grands prédicateurs du temps. Entre les différentes parties du sermon, l’orateur ménageait des pauses durant lesquelles pouvaient prendre place de petites pièces musicales. Telle fut probablement la destination des Méditations pour le carême de Marc-Antoine Charpentier. Nous avons choisi de nous inspirer de cette pratique ancienne en ponctuant les pièces de Charpentier par des lectures de poëmes mystiques de la même époque par le comédien Robin Renucci.

Les thèmes de ces dix méditations épousent la progression chronologique de la passion : Désolation du monde, Prière du pécheur, Jésus annonçant sa mort prochaine à ses disciples, Trahison de Judas, Reniement de Pierre, Jésus présenté à Pilate, Mort de Jésus, Lamentation de la Vierge, Lamentation de Madeleine, Sacrifice d’Isaac.

De prime abord, ces méditations ont un aspect sobre et dépouillé, parfaitement adapté au caractère austère et introspectif du temps de carême. Mais on se rend très vite compte que ces œuvres dissimulent avec une grande habileté un langage d’une infinie sophistication. Mélismes et contrepoints côtoient affectes puissants, symboles forts, ruptures rythmiques, rhétorique quasi théâtrale. Charpentier réussit à la perfection l’alliance impossible de la sobriété imposée par le carême à un style baroque fourmillant d’inventivité, l’alliance de  l’héritage de la Renaissance à la folie créatrice de son temps, de la fougue italienne à l'élégance française.


Programme :

I. Desolatione desolata est Terra
II. Sicut pulus hirundinis sic clamabo
III. Tristis est anima mea
IV. Ecce Judas
V. Cum cenasset Jesus
VI. Quearebat Pilatus dimitere Jesum
VII. Tenebrae factae sunt
VIII. Stabat Mater
IX. Sola vivevbat in antris Magdalena
X. Tentavit Deus Abraham

Charpentier, Meditatio

Lecteur, Robin Renucci
Trois chanteurs, viole et orgue
Benoit Dumon : orgue et direction

Robin Renucci, crédit Jean-Christophe Bardot

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